PRESENTATION

L’orthographe française est un dogme.

 

Elle n’est pas susceptible d’être remise en question sans éveiller l’anathème. Or, la liste de ses absurdités est longue.

 

Pourquoi mettre un t à édit ou bruit (comme dans éditer ou bruiter), mais pas à abri ?

 

Pourquoi écrire contraindre avec ai alors qu’il vient de stringere comme astreindre ou restreindre ?

 

À quelle étymologie se rapporte le p de dompter qui vient du latin domitare ou le d de poids qui vient de pensum ?

 

Notre intention est de permettre au public de s’autoriser un discours critique sur l’orthographe et de s’interroger sur ses enjeux démocratiques.

 

Il ne s’agit pas d’assommer le public avec un discours technique ni de réaliser une conférence universitaire exhaustive, mais bien de proposer un spectacle appuyé sur un dispositif scénique mêlant la parole, les projections. Une approche pop et iconoclaste de l’invariabilité du participe passé des verbes qui utilisent l’auxiliaire avoir en fonction de la position du complément dans la phrase.

 

La plupart des gens ignorent que l’orthographe française n’est pas une et indivisible, mais le résultat d’une histoire chaotique que les linguistes redécouvrent.

 

L’orthographe est une passion. Hobby pour les uns, chemin de croix pour les autres, elle est intime et liée à l’enfance. Elle est publique en véhiculant une image sociale. Elle détermine un rapport collectif à la culture et à la tradition.

 

Mais l’orthographe est un outil. L’orthographe est un marteau.

FORME COURTE

Durée : 30 min - Jauge : pour 10 spectateurs

 

Dispositif : Une table et dix chaises, dans une pièce quelconque aménagée comme un appartement. Éclairage et sonorisation domestique. Les spectateurs prennent place avec les comédiens autour de la table.

FORME LONGUE

Durée : 50 min 

 

Dispositif : occupation scénique traditionnelle. Eclairage simple d’intensité variable, utilisation de projections, sonorisation.

HISTORIQUE DU PROJET

Nous avons été profs de français. Sommés de nous offusquer des fautes d’orthographe, nous avons été pris pour les curés de la langue. Pourtant, nos études de linguistique nous ont appris que la norme orthographique française est très souvent arbitraire et pleine d’absurdités. Nous avons tenté de le dire. Nous avons alors été confrontés à l’impossibilité généralisée de nous faire entendre. Nous avons progressivement pris conscience des enjeux politiques et sociaux cachés derrière ces questions linguistiques.

 

Après avoir partagé ce constat avec le metteur en scène Arnaud Pirault, nous avons décidé de créer, avec son aide, un spectacle. Durant plus d’un an, nous nous sommes replongés dans des ouvrages théoriques, nous avons recueilli des témoignages et rencontré des linguistes et des pédagogues.

 

Nous sommes alors rejoints par l’artiste graphique Kevin Matagne qui réalise avec nous les accessoires, les projections et prend en charge la dimension esthétique du spectacle ainsi que par Clément Thirion et Dominique Bréda qui participent à la mise en scène.

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